Voici une introduction à la Communication Non-Violente, alias CNV. Un outils d’aide à la communication, à l’expression de l’amour universel et respectueuse de soi, des autres… Une nouvelle façon de parler en somme !
Je vais te présenter ce que c’est réellement, et comment la mettre en application.
C’est parti !
Origine de la communication non-violente
La Communication Non-Violente a été développée par Marshall Rosenberg, un psychologue américain. Il a étudié la psychologie clinique à l’Université de son pays, puis a travaillé comme médiateur dans les conflits raciaux des années 1960. C’est au cours de cette période qu’il a commencé à développer la CNV, une approche pour aider les gens à communiquer de manière plus empathique, honnête et efficace.
Il a notamment été inspiré par la philosophie non-violente de Gandhi et de Martin Luther King.
En développant ses connaissances et sa pratique de la psychologie, Rosenberg a créé un modèle de communication qui a mis l’accent sur l’empathie et l’honnêteté.
Il a commencé à enseigner ce qu’il a appelé la Communication Non-Violente dans les années 1970 et depuis lors, cette méthode est devenue populaire dans le monde entier. Elle est utilisée dans une multitude de contextes allant de la thérapie de couple aux négociations internationales.
Ca peut devenir une philosophie de vie et un mode de pensée et d’expression !
Qu’est-ce que la communication non-violente ?
La CNV est une approche qui vise à améliorer la qualité de nos relations avec les autres en développant une communication empathique, respectueuse et constructive.
La CNV se base sur quatre principes fondamentaux :
- l’observation,
- les sentiments,
- les besoins
- et les demandes.
Tout d’abord, l’observation consiste à décrire objectivement une situation sans porter de jugement.
Ensuite, les sentiments expriment les émotions ressenties dans la situation donnée.
Les besoins sont les motivations et les désirs qui sont liés à ces émotions.
Enfin, les demandes sont des actions concrètes que l’on formule pour satisfaire ses besoins.
Et tout cela sur des bases d’honnêteté (chacun la sienne, tu n’es pas « les autres » et tu ne les contrôles pas non plus, occupons-nous chacun de soi !).
Cela exige une sorte de mise à nue, d’ouverture de cœur Mais sinon, comment exprimer justement ce qu’on a sur notre petit cœur ???
A quoi sert-elle ?
La CNV a pour but de nous aider à mieux comprendre nos émotions, nos besoins et ceux des autres, et à communiquer de manière efficace et respectueuse.
Elle peut être utilisée dans toutes les situations, car la communication est importante partout !! Au travail, en famille, entre amis, avec les enfants, etc.
Exemple d’échange entre 2 personnes utilisant la CNV
Personne 1 : Je me sens triste et abandonné lorsque tu annules nos plans à la dernière minute sans me prévenir.
Personne 2 : Je comprends que tu te sens tristes et abandonnées, et je suis désolé d’avoir annulé nos plans à la dernière minute (savoir reconnaître ses tors est aussi un étape importante dans la pratique de la CNV !). J’ai été pris par une urgence imprévue et je n’ai pas pu te prévenir plus tôt. Comment puis-je réparer cela et éviter que cela ne se reproduise à l’avenir ?
Dans cet exemple, la personne 1 utilise la CNV pour exprimer ses sentiments et ses besoins de manière claire et non accusatoire, en utilisant le langage « je » et en évitant de blâmer l’autre personne.
La personne 2 répond également en utilisant la CNV, en écoutant et en reconnaissant les sentiments de l’autre personne, en prenant la responsabilité de ses actions et en cherchant une solution pour réparer la situation et éviter les problèmes futurs.
Par quoi commencer pour pratiquer ?
Pour mettre en place la CNV, il est important de commencer par se familiariser avec les quatre principes de base un à un. Inutile de tout vouloir faire en même temps ! Commence par l’un d’entre eux pendant quelque temps. Tout d’abord observe-le autour de toi.
- qu’est ce que tu observes comme faits ?
Sois le plus objectif possible (le chapeau blanc de Bono de cet article !). Par exemple « Je me suis pris la tête avec le chef » va devenir « Martine est sortie précipitamment du bureau de notre supérieur hiérarchique. Elle marchait vite, la tête basse, les poings et les lèvres serrés, les sourcils froncés, et la respiration rapide ».
Puis observe pendant quelques jours comme si tu n’étais qu’un simple observateur totalement indépendant de la scène… - qu’est ce que cela semble lui donner comme émotion, qu’est ce que ça lui fait à l’intérieur ? (le chapeau rouge de Bono du même article !)
« je pense qu’elle est très en colère contre la collègue qui a dit de mal de son travail, et le chef qui lui a fait des reproches, c’est comme si personne ne voyait tout le cœur et l’énergie qu’elle met à l’ouvrage…. En fait, je m’aperçois que cette colère cache toute la fragilité de Martine, elle doit être profondément blessée »
Puis observe pendant quelques jours comment ça résonne en toi (vu que tu ne sais pas exactement ce qui se joue chez l’autre), quelles émotions sont en jeu… - de quoi aurait-elle eu besoin à ce moment là ?
« Martine aurait peut-être besoin qu’on écoute sa version des faits, et qu’on lui explique comment faire le travail si le chef veut qu’il soit fait d’une autre manière. Martine ne le fait clairement pas exprès et il suffirait sûrement de lui en parler »
(On peut remarque au passage que « Martine » s’identifie probablement à son travail. Quand son chef dit du mal de son travail, c’est comme s’il disait du mal de « Martine » !)
Puis cherche pendant quelques jours la valeur qui est mise en jeu chez les personnes que tu observes… En quoi cela est-il important pour elles ? - Comment pourraient-ils faire mieux la prochaine fois ? Eviter que cela se reproduise ?
Peut-être que la personne de mon exemple identifiera du travail qu’on lui demande de faire mais sur lesquels elle n’a pas été formée, peut-être qu’elle peut souhaiter avoir une tierce personne neutre pour accompagner les échanges avec sa hiérarchie (surtout si celle-ci ne pratique pas la CNV !)
Pour finir ton apprentissage, pendant quelques jours je te propose de réfléchir brièvement (on ne va pas refaire le monde) à une manière de dire/faire les choses en respectant les valeurs de chacun…
Une fois que tu maîtrises chaque étape, tu peux petit à petit les assembler, les combiner, jusqu’à savoir utiliser les 4 principes ensemble dans une même conversation. La fluidité s’acquière avec la pratique, mais laisse-toi le temps d’assimiler chaque partie.
Il est également utile de s’entraîner à écouter les autres de manière empathique, c’est-à-dire en cherchant à comprendre leurs émotions et leurs besoins, plutôt que de simplement réagir à leurs propositions (même si c’est une réaction tout à faire normale, d’autant plus de la part de personnes qui ne pratiquent pas la CNV).
Et… Je me répète encore : il est également important de faire preuve de bienveillance envers soi-même et envers les autres. Cette fois-ci plus particulièrement en acceptant les émotions et les besoins de chacun sans les juger, ne serait-ce que dans un objectif de pratique de la CNV. (Attention ! Ne pas juger ne veut pas dire que tu es forcément d’accord ! Simplement tu respectes que l’autre pense différemment, sans le blâmer, sans lui expliquer à quel point il a tord, ni lui faire une démonstration en 17 points de tous les arguments qui prouvent à quel point il est dans l’erreur (c’est d’ailleurs son droit de se tromper !)(on ne va toujours pas refaire le monde)).
Enfin, il est recommandé de formuler des demandes claires et concrètes, en évitant de faire des reproches ou des critiques, même dissimulées. Je te rassure, cela s’apprend, et je me mors encore souvent la langue de choses que j’aurais préférées ne jamais dire, ni même penser !
La CNV (comme tout le reste !) est une approche qui nécessite de la pratique et de la patience, mais qui peut avoir des effets très positifs sur tes relations avec les autres. En pratiquant la CNV, tu apprends à mieux comprendre les autres et à communiquer de manière plus efficace et respectueuse, ce qui peut contribuer à une meilleure qualité de vie et à des relations plus harmonieuses (ce qui n’est jamais un luxe trop précieux).
Quelle serait la deuxième étape ?
Une fois que tu sais observer et analyse une communication chez les autres, il est temps de te pencher sur toi 🥰 :
- Prend conscience de tes émotions : Pour commencer, il est important d’être conscient de tes propres émotions et de savoir comment les exprimer de manière claire et précise. Prends le temps de ressentir ce que tu ressens et de l’identifier, sans jugement. Au début cela peut prendre du temps, notre société a tendance à nous apprendre à enfouir tout ça sous le tapis comme si ça n’existait pas…
- Identifie tes besoins : Une fois que tu as pris conscience de tes émotions, il est temps d’identifier tes besoins sous-jacents. Que cherches-tu à satisfaire ? Est-ce un besoin de sécurité, de reconnaissance, de connexion, de liberté ? Prends le temps d’écouter ta voix intérieure pour découvrir tes besoins.
- Exprime tes besoins avec bienveillance : Une fois que tu as identifié tes besoins, tu peux les exprimer à l’autre personne avec bienveillance et sans jugement. Par exemple, tu peux dire : « Je me sens triste quand tu ne m’appelles pas car j’ai besoin de me sentir connecté avec toi ».
- Sois à l’écoute de l’autre : La communication non violente implique également d’être à l’écoute de l’autre personne. Prends le temps de comprendre ses émotions et ses besoins en posant des questions et en écoutant ses réponses.
- Trouve des solutions qui satisfont tout le monde : Il est important de chercher des solutions qui satisfont tout le monde. Si tu exprimes tes besoins et que l’autre personne exprime également les sens, il est possible de trouver une solution qui répond aux besoins de chacun. Raison de chacun des points précédents.
Quelle serait la troisième étape ?
Une troisième étape pour la pratique de la CNV pourrait être de savoir comment formuler ses besoins et sa demande.
Lorsque tu as identifié tes sentiments et tes besoins, tu peux ensuite formuler une demande claire et respectueuse à l’autre personne.
Note : il existe des « roues des émotions » disponibles sur internet, tu peux t’y référer, ou créer la tienne, pour mieux comprendre ce qui se joue en toi !
Cette demande doit être formulée de manière positive, en commençant des phrases par exemple par
« J’aimerais que… » ou « Pourrais-tu s’il te plaît… ».
Il est également important d’être spécifique et de décrire ce que tu veux voir se produire.
Évite les demandes floues qui peuvent prêter à confusion ou qui peuvent être interprétées de différentes manières (et finalement ne rien t’apporter, ou pire, te provoquer encore plus d’émotions négatives).
Evite également les exigences péremptoires (l’autre n’est pas responsable de la manière dont tu as finalement reçu les choses, tu dois aussi prendre ta part de responsabilité. Etais-tu fatiguée ? Irritée ? Avais-tu un mélange de problèmes qui n’avaient finalement pas vraiment de lien avec la situation qui t’a mise dans toutes tes émotions ?).
Evite enfin de demander la Lune ou toute autre chose irréaliste ou irréalisable. Le but est bien d’exprimer ce que toi tu ressens, comment tu as vécu l’histoire, comment cela te touche, et comment tu aimerais/ aurais besoin que ça se passe pour toi. Pas (du tout) de faire payer sa « faute » à l’autre !
Comment utiliser la CNV tous les jours ?
Une fois que tu as compris les principes de base de la CNV, comme on l’a vu au dessus, tu peux commencer à la mettre en pratique petit à petit dans ta vie quotidienne.
Voici quelques conseils toujours utiles pour t’aider à commencer :
- Prends le temps de respirer et de te recentrer avant de parler : La CNV implique souvent de prendre du recul avant de s’exprimer, afin de s’assurer que tu es en paix et centré. Prends quelques respirations profondes et concentre-toi sur le moment présent avant de commencer une conversation. Prends le temps de te connecter avec toi-même, de calmer le torrent émotionnel qui t’assaille peut-être à ce moment-là.
- Pratique l’empathie : Au lieu de juger les autres ou de répondre avec des réactions émotionnelles, essaie de comprendre les sentiments et les besoins de l’autre (puisque tu lui demandes de te comprendre toi, tu lui dois bien ça !). Demande-toi ce qui se cache derrière ce qu’il dit et cherche à te mettre aussi à sa place (NON, elle ne l’a pas forcément fait exprès pour t’embêter !).
- Sois honnête et authentique : utilise tes sentiments personnels et parle en ton nom (utilise le pronom « je ») pour communiquer. Cela permettra aux autres de mieux te comprendre et de se connecter avec toi sur un niveau plus profond, au lieu de faire des généralités, regarder ça de loin, et mettre tout dans le même panier.
- Apprends à exprimer tes besoins : Au lieu de blâmer les autres ou de te plaindre, exprime clairement ce dont tu as besoin pour te sentir bien. Sois spécifique et évite les généralisations.
- Évite les jugements et les critiques : La CNV implique d’écouter les autres comme de t’écouter toi, et de chercher à comprendre leurs points de vue au même titre que les tiens, même si tu n’es pas d’accord avec eux. Évite les jugements et les critiques et cherche plutôt à comprendre les besoins et les sentiments qui se cachent derrière les mots.
- Pratique régulièrement. Pratique régulièrement, aussi souvent que possible, avec tous tes interlocuteurs dans la journée. Cela deviendra petit à petit totalement naturel.
En conclusion, la communication non violente peut être une façon efficace et respectueuse de communiquer avec les autres. Bien qu’elle nécessite un peu de temps pour être maîtrisée, la pratique de la CNV peut améliorer les relations et augmenter la compréhension et la compassion entre toi et « les autres ». Tu pourrais même devenir leur médiateur, le leader capable de faire l’unanimité dans le respect de tous. En suivant ces principes de base, tu peux commencer à utiliser la CNV n’importe où, n’importe quand, avec n’importe qui. Tu verras rapidement tous ses avantages !
Enfin, pour pratiquer efficacement la CNV, il est important de reconnaître que la communication est un processus continu d’apprentissage, et un échange bilatéral.
Il est donc essentiel d’être ouvert et réceptif aux réponses de l’autre personne. Écoute ce qu’elle dit, même si cela peut être difficile à entendre. Si tu as besoin de clarifier quelque chose, pose des questions ou demande des éclaircissements sans jugement ni critique.
Pour résumé, la Communication Non-Violente est une approche respectueuse et empathique de la communication qui peut aider à résoudre les conflits et à améliorer les relations. Elle implique l’écoute attentive des sentiments et des besoins de l’autre personne, l’expression claire de tes propres sentiments et besoins, et la formulation de demandes claires, respectueuses et bienveillantes. En pratiquant la CNV, tu peux améliorer tes compétences en communication et mieux comprendre les autres personnes, tout en renforçant tes relations et en prévoyant un environnement plus positif et respectueux. Trouver des solutions qui satisfont tout le monde est un Saint Graal de la vie en communauté.


